La situation sécuritaire s’est fortement dégradée ce lundi 6 avril dans le groupement de Ziralo, en chefferie de Buhavu, territoire de Kalehe (Sud-Kivu), à la suite de violents affrontements entre les éléments ’AFC/M23 et les combattants wazalendo.
D’après des sources concordantes, les premiers combats ont éclaté dans les villages de Kusisa et Nyalugusha, avant de s’étendre le long des axes stratégiques Braza, Lulamba et Bushege, ainsi que sur le corridor Kaziba–Katale–Kafufula–Katanga.
Sur le terrain, les wazalendo, issus de plusieurs groupes armés locaux, ont tenté de contenir l’avancée des rebelles. Parmi eux figurent notamment des éléments du COPACO dirigé par Kirikicho Mirimba Mwanamayi, du MCDPIN de Grevisse Nsimparingira, ainsi que du groupe de Haguma Kanyengwenye.
Malgré cette mobilisation, les combats ont progressivement tourné à l’avantage de l’AFC/M23 au fil des heures.
En fin d’après-midi, vers 16 heures, plusieurs localités stratégiques étaient déjà passées sous le contrôle des rebelles, notamment Kaziba, Katale, Kafufula, Katanga, Mpanama, Braza, Bushege et Lulamba. Cette progression rapide a accentué la panique au sein des populations civiles, prises au piège des affrontements et contraintes de fuir leurs habitations dans l’urgence.
Cette recrudescence des violences a provoqué un déplacement massif de civils, venant non seulement des zones de combats, mais aussi des villages environnants comme Kashebere, Tushunguti, Ruchuro, Kirambo et Bunyangungu.
La majorité des déplacés, composés de femmes, d’enfants et de personnes vulnérables, ont trouvé refuge vers Mianda, dans la localité de Bulembwe, jugée temporairement plus sûre.
Toutefois, la situation humanitaire reste alarmante : de nombreuses familles passent la nuit à la belle étoile, sans assistance ni vivres, tandis que des informations font état d’une progression continue du M23 en direction de Tushunguti, situé à environ 7 kilomètres des zones de combats.
Boniface Malimingi