En République démocratique du Congo, la délégation gouvernementale a quitté Uvira mardi 16 septembre, après près d’une semaine de mission. Depuis la chute de Bukavu aux mains du M23, cette ville est devenue la capitale provisoire du Sud-Kivu. Mais elle est aujourd’hui le théâtre d’une vive contestation menée par des milices Wazalendo et la société civile, mobilisées contre la présence du général Olivier Gasita, accusé de collusion avec le mouvement rebelle.
Principal aboutissement de cette mission : le départ du général Gasita d’Uvira. Selon une source militaire, il ne sera pas redéployé dans la ville. Une annonce officielle est attendue, mais son avenir reste flou : sera-t-il maintenu comme commandant adjoint de la 33e région militaire ailleurs dans la province, ou affecté à un autre poste au niveau national ?
Pour plusieurs membres de la délégation, l’enjeu dépasse le sort d’un officier. « Le véritable défi, c’est le rétablissement de l’autorité de l’État », admet un ministre. Car Uvira se trouve désormais sous l’emprise des milices Wazalendo, considérées comme un rempart face à l’AFC/M23, mais difficiles à encadrer. Leur autonomie inquiète : « Comment gérer les 72 commandants autoproclamés dans les rangs des Wazalendo au Sud-Kivu ? », s’interroge un membre de la délégation.
L’une des pistes envisagées est l’opérationnalisation de la Réserve armée de la Défense, une structure paramilitaire censée appuyer les FARDC. Officiellement rattachée au ministère de la Défense et au chef d’état-major, elle n’a pas encore été déployée. « Si on ne le fait pas, il sera difficile de garder le contrôle de la zone », prévient un autre ministre. Les recommandations de la mission sont désormais en cours de validation, avant des décisions attendues dans les prochains jours.